Garde & crèche
Combien coûte une nounou ? Salaire, CMG et crédit d’impôt
L'essentiel en 3 lignes
Le prix d'une nounou dépend du salaire horaire, des cotisations et du nombre d'heures, pas d'un tarif fixe. Le CMG et le crédit d'impôt réduisent la facture, à condition de déclarer l'emploi. Cette page détaille chaque poste de coût et les points à vérifier avant de signer.
Vous cherchez un mode de garde et une question revient sans cesse : combien va vraiment coûter une nounou ? La réponse n’est jamais un chiffre unique affiché quelque part, parce que le coût dépend du nombre d’heures, du salaire horaire choisi, des charges patronales et des aides auxquelles vous avez droit.
Cette page détaille chaque poste qui compose la facture, la différence entre garde à domicile et assistante maternelle, les aides qui réduisent réellement le montant à votre charge, et ce qu’il faut vérifier avant de signer un contrat. Vous y trouverez aussi de quoi comparer ce choix à celui d’une place en crèche.
De quoi se compose le salaire d’une nounou
Le coût d’une nounou commence par un salaire horaire brut, versé pour chaque heure de garde effectuée. À ce salaire s’ajoutent les cotisations patronales, calculées et prélevées automatiquement par Pajemploi ou le Cesu selon le mode de garde choisi. Le salaire net que touche la personne employée est toujours inférieur au coût total supporté par la famille, qui inclut la part salariale des cotisations en plus de la part patronale.
Les congés payés s’ajoutent également : ils représentent généralement 10 % du salaire brut si vous ne les posez pas en jours de repos, une règle classique du droit du travail qui s’applique aussi aux salariés du particulier employeur. Si vous passez par une agence ou une plateforme de mise en relation plutôt que par l’embauche directe, dite « en gré à gré », des frais de service viennent s’ajouter à ce montant et varient fortement d’un prestataire à l’autre.
Garde à domicile ou assistante maternelle : deux minimums différents
Le mode de garde change le calcul du salaire minimum. Pour une garde à domicile, salariée directement par la famille chez elle, le plancher légal est le Smic horaire brut, fixé à 12,31 € depuis le 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026). La grille de la convention collective nationale des salariés du particulier employeur peut fixer un montant supérieur selon le niveau de qualification et d’autonomie du poste ; elle se consulte auprès d’un centre Cesu ou de la fédération du secteur.
Pour une assistante maternelle agréée, qui garde l’enfant à son propre domicile, le calcul est différent : le salaire minimum légal correspond à 0,281 fois le Smic horaire brut, par enfant gardé, soit environ 3,46 € brut par enfant depuis le 1er juin 2026. Ce montant grimpe avec le nombre d’enfants confiés en même temps, et reste un plancher : rien n’empêche de convenir d’un salaire supérieur avec l’assistante maternelle que vous choisissez.

Le CMG : une aide calculée à l’heure, pas un forfait
Le complément de libre choix du mode de garde (CMG), versé par la Caf ou la MSA, réduit le montant à votre charge lorsque vous employez une assistante maternelle agréée ou une garde à domicile. Depuis le 1er septembre 2025, son calcul a changé en profondeur : il se fait désormais heure de garde par heure de garde, en tenant compte de vos ressources, du nombre d’enfants à charge, du coût horaire réel et du nombre d’heures effectuées. Il n’existe plus de plafond fixe ni de reste à charge minimum obligatoire comme auparavant.
Pajemploi calcule et verse automatiquement le montant chaque mois, à partir de la déclaration de salaire que vous effectuez. Pour les familles monoparentales, le CMG est désormais accessible jusqu’aux 12 ans de l’enfant, contre 6 ans avant la réforme. Ce mécanisme ne s’applique qu’à l’emploi direct ou à une assistante maternelle : une place en crèche suit un tarif horaire distinct, fixé par la Caf selon vos ressources, indépendant du CMG.
Le crédit d’impôt, calculé sur ce qui reste après le CMG
En plus du CMG, l’emploi d’une garde à domicile ou d’une assistante maternelle ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 % des dépenses engagées, dans la limite de 12 000 € de dépenses par an, soit un crédit maximal de 6 000 €. Ce plafond passe à 15 000 € de dépenses, pour un crédit maximal de 7 500 €, la première année où vous employez quelqu’un à domicile, et se majore de 1 500 € par enfant à charge (750 € en garde alternée) — service-public.gouv.fr, fiche F12 vérifiée le 15 avril 2026.
Point souvent mal compris : le crédit d’impôt ne porte pas sur le montant total versé à la nounou, mais sur ce qui reste effectivement à votre charge une fois le CMG déduit. Un acompte de 60 % du crédit d’impôt obtenu l’année précédente est versé dès janvier ; le solde est régularisé l’été suivant, sur la base de vos dépenses réelles de l’année.
Nounou non déclarée : une fausse économie
Certaines familles sont tentées de ne pas déclarer l’emploi pour éviter les cotisations. C’est un choix risqué à plusieurs titres : sans déclaration, ni le CMG ni le crédit d’impôt ne peuvent être versés, ce qui annule justement l’économie recherchée. La personne employée n’est couverte par aucune assurance en cas d’accident du travail, et vous restez exposée à un redressement si l’absence de déclaration est constatée.
La déclaration protège aussi la relation de travail elle-même : un contrat écrit et des bulletins de salaire réguliers évitent les litiges sur les horaires, le salaire dû ou les conditions de rupture. Le détail des risques et des règles applicables à une nounou non déclarée fait l’objet d’une page dédiée.
Ce qui fait varier la facture d’une famille à l’autre
Le nombre d’heures pèse plus que tout autre facteur : une garde à temps plein n’a pas le même coût qu’un accueil périscolaire de quelques heures par semaine. Les heures complémentaires ou supplémentaires, au-delà de la durée prévue au contrat, sont majorées et augmentent le coût horaire moyen. La zone géographique joue aussi : les niveaux de rémunération pratiqués sont souvent plus élevés en Île-de-France et dans les grandes agglomérations que dans les zones rurales, sans qu’il existe de moyenne nationale officielle qui remplace un calcul personnalisé.
La garde partagée entre deux familles change également l’équation : chaque famille verse une partie du salaire et perçoit son propre CMG, ce qui réduit le coût net par foyer tout en permettant de proposer un salaire plus attractif à la personne employée. Un cahier de transmission tenu au quotidien, sans lien avec le coût, reste un repère utile pour organiser cette garde partagée entre deux domiciles.
Avant de signer, ce qu’il faut vérifier
Un contrat de travail écrit protège les deux parties : il précise les horaires, le salaire brut, les congés payés et les conditions de rupture. C’est aussi le document qui sert de base à la déclaration Pajemploi ou Cesu, indispensable dès le premier jour de travail pour ouvrir droit au CMG et au crédit d’impôt.
Vérifiez également que la personne que vous embauchez dispose d’une attestation d’assurance responsabilité civile, et, si vous choisissez une assistante maternelle, que son numéro d’agrément est actif sur monenfant.fr. Pour aller plus loin sur le choix de la personne elle-même, au-delà du seul coût, une page dédiée détaille comment choisir une assistante maternelle et l’employer dans les règles.
Nounou, assistante maternelle ou crèche : comparer avant de choisir
Le coût affiché n’est pas toujours celui qui reste réellement à votre charge une fois les aides déduites. Une crèche applique un tarif horaire calculé selon vos ressources, sans lien avec le CMG ; une garde à domicile ou une assistante maternelle combine salaire, cotisations, CMG et crédit d’impôt. Comparer ces deux logiques suppose de raisonner en coût net mensuel, pas en tarif horaire affiché.
Le calcul détaillé du CMG et ses effets sur le budget font l’objet d’une page dédiée au complément de mode de garde. Avant de trancher, simulez les deux options avec vos propres horaires et vos ressources réelles plutôt qu’avec une moyenne générale.
Questions fréquentes
Doit-on obligatoirement déclarer une nounou ?
Oui. Que ce soit une garde à domicile ou une assistante maternelle agréée, l’emploi doit être déclaré, via Pajemploi. Sans déclaration, vous n’avez droit ni au CMG ni au crédit d’impôt, et vous vous exposez à un redressement pour travail dissimulé.
Le CMG couvre-t-il une place en crèche ?
Non. Le CMG concerne l’emploi direct d’une garde à domicile ou d’une assistante maternelle. Une crèche applique un tarif horaire calculé selon vos ressources, indépendant du CMG.
Peut-on cumuler le CMG et le crédit d’impôt ?
Oui, mais pas sur la même base : le crédit d’impôt se calcule sur les dépenses qui restent réellement à votre charge après déduction du CMG, pas sur le montant total versé à la personne employée.
Le salaire minimum est-il le même pour une garde à domicile et une assistante maternelle ?
Non. Pour une garde à domicile, le plancher est le Smic horaire brut. Pour une assistante maternelle agréée, le minimum légal se calcule par enfant gardé, à 0,281 fois le Smic horaire brut.
La garde partagée réduit-elle vraiment le coût ?
Elle réduit le coût net par famille, puisque le salaire est partagé entre deux foyers qui perçoivent chacun leur propre CMG, tout en permettant de proposer un salaire brut plus attractif à la personne employée.
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