Garde & crèche
Assistante maternelle : comment la choisir et l’employer
L'essentiel en 3 lignes
Agrément PMI, capacité d'accueil, contrat de travail, salaire minimum, indemnité d'entretien, congés payés et CMG : les repères concrets pour choisir une assistante maternelle et l'employer sans erreur.
Vous avez visité une crèche, regardé les tarifs d’une garde à domicile, et vous revenez toujours à la même option : une assistante maternelle, près de chez vous, avec un accueil individualisé. Reste une question qui inquiète beaucoup de parents : comment être sûr de faire le bon choix, et comment s’y prendre une fois la personne trouvée, sans se tromper sur le contrat ou le salaire ?
Cette page explique ce que garantit l’agrément délivré par la PMI, les critères concrets pour choisir une assistante maternelle, ce que doit contenir le contrat de travail, combien coûte cet emploi (salaire et indemnité d’entretien), et comment se passent les congés payés et une éventuelle rupture de contrat. Elle rappelle aussi comment le complément de mode de garde allège la facture.
Assistante maternelle, crèche, garde à domicile : trouver la bonne formule
L’assistante maternelle accueille votre enfant chez elle, en petit groupe, avec un rythme souvent plus souple qu’en collectivité et une continuité de la personne qui s’en occupe. C’est un mode de garde individuel, agréé par les services du département, à la différence d’une garde à domicile qui vient chez vous ou d’une crèche qui accueille les enfants en structure collective. Le choix dépend de vos horaires, de la proximité géographique, du besoin de votre enfant et du budget que vous pouvez y consacrer.
Sur le plan financier, les trois formules ne se comparent pas de la même façon : une place en crèche est facturée selon un barème lié à vos ressources, une garde à domicile revient en général plus cher car elle est individuelle, et une assistante maternelle se situe souvent entre les deux une fois le complément de mode de garde déduit. Comparez plutôt le coût réel d’une nounou une fois les aides prises en compte que le seul tarif horaire affiché au départ.
L’agrément délivré par la PMI : ce qu’il garantit vraiment
Une assistante maternelle ne peut exercer qu’avec un agrément délivré par le président du conseil départemental, sur avis du service de Protection maternelle et infantile (PMI). Cet agrément est accordé pour une durée de 5 ans, renouvelable, après évaluation du logement et des conditions de sécurité, de santé et d’aptitude éducative de la personne. Une formation obligatoire, organisée et financée par le département, doit être suivie, avec une partie validée avant le premier accueil (Service-Public.gouv.fr, consulté le 28/09/2026).
L’agrément fixe aussi une capacité d’accueil : sauf dérogation, une assistante maternelle ne peut pas accueillir plus de 4 enfants simultanément. Une dérogation existe, mais reste encadrée et porte la limite à 6 enfants au maximum (Service-Public.gouv.fr, démarches de dérogation et de modification de l’agrément, consulté le 28/09/2026). Vérifiez ce chiffre directement auprès de la personne rencontrée : demandez-lui combien d’enfants elle accueille déjà sur les jours qui vous intéressent, pas seulement sa capacité théorique.

Comment la choisir concrètement
Le premier réflexe utile est de consulter le relais petite enfance (RPE) de votre commune ou l’annuaire monenfant.fr, qui recense les assistantes maternelles agréées de votre secteur avec leurs places disponibles. Contactez plusieurs profils par téléphone avant de vous déplacer : horaires, jours de fermeture, tarif envisagé, nombre d’enfants déjà accueillis sur les créneaux qui vous intéressent. Cela élimine vite les incompatibilités de planning.
La visite à domicile reste l’étape décisive. Observez l’espace réservé aux enfants, la sécurisation des accès (escaliers, produits ménagers, prises électriques), et posez des questions concrètes sur une journée type : repas, sieste, activités, sorties. Demandez à voir l’attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle et le document d’agrément. Une personne qui hésite à les montrer mérite d’être questionnée avant de signer.
Le courant passe ou ne passe pas, et ce critère compte autant que les aspects pratiques : votre enfant passera plusieurs heures par jour avec cette personne, parfois pendant des années. Une fois le choix fait, prévoyez un échange régulier sur le déroulement des journées, qui facilite la confiance des deux côtés dès les premières semaines.
Le contrat de travail : ce qu’il doit contenir
Un contrat de travail écrit est obligatoire pour chaque enfant accueilli, établi au plus tard le jour de l’embauche. Il doit préciser l’identité des deux parties, le nom et la date de naissance de l’enfant, le lieu et les horaires d’accueil, le mode de calcul de la rémunération, l’assurance responsabilité civile professionnelle de l’assistante maternelle, et les conditions de soins en cas d’urgence (Service-Public.gouv.fr, fiche F16841, vérifiée le 8 septembre 2025).
Le contrat prévoit en général une période d’essai : au maximum 3 mois pour 1 à 3 jours d’accueil par semaine, ou 2 mois pour 4 jours ou plus. Elle n’est pas renouvelable, et chacune des deux parties peut y mettre fin sans délai ni justification. Une période d’adaptation, distincte, peut être prévue dans les 30 premiers jours calendaires : horaires réduits, pour habituer progressivement l’enfant, avec une rémunération calculée en conséquence.
Salaire et indemnité d’entretien : ce que vous payez chaque mois
Le salaire d’une assistante maternelle se calcule à l’heure et par enfant accueilli, avec un plancher légal. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut s’établit à 12,31 €, et le salaire minimum légal correspond à 0,281 SMIC horaire brut par enfant, soit environ 3,46 € brut de l’heure et par enfant (Légifrance, arrêté du 22 mai 2026 ; Service-Public.gouv.fr). Ce montant est un plancher : rien n’empêche de convenir d’un taux supérieur, surtout là où la demande dépasse l’offre de places.
À ce salaire s’ajoute une indemnité d’entretien, distincte, destinée à couvrir les frais liés à l’accueil chez l’assistante maternelle (usure du logement, produits d’hygiène, chauffage). Son montant dépend de la durée d’accueil, avec un plancher fixé à 2,65 € par jour à partir d’environ 6 heures d’accueil (simulateur officiel Service-Public.gouv.fr, consulté le 28/09/2026). Les repas et le matériel de puériculture (lit, poussette) font en général l’objet d’un accord séparé, à écrire noir sur blanc dans le contrat.
Congés payés : ce que prévoit la loi
Une assistante maternelle a droit à des congés payés dans les mêmes conditions que n’importe quel salarié. Elle acquiert 2,5 jours ouvrables de congés par mois complet travaillé, dans la limite de 30 jours ouvrables, soit 5 semaines, sur une année de référence courant du 1er juin au 31 mai (Service-Public.gouv.fr, fiche F34902, vérifiée le 3 juin 2026).
Si l’assistante maternelle travaille pour plusieurs familles, les dates de congés doivent être fixées d’un commun accord avec chacun de ses employeurs, au plus tard le 1er mars. Mieux vaut évoquer ce sujet dès la signature du contrat plutôt que d’attendre le printemps : cela évite les mauvaises surprises si les dates souhaitées ne coïncident pas avec vos propres impératifs professionnels.
Rompre le contrat : ce qu’il faut savoir avant de s’engager
Un contrat à durée indéterminée peut être rompu par l’employeur ou par l’assistante maternelle, chacun devant respecter un préavis dont la durée dépend de l’ancienneté et qui est fixée par la convention collective des salariés du particulier employeur. Une lettre recommandée avec accusé de réception suffit en général pour notifier la rupture, sans obligation de justifier la décision au-delà du préavis (Code du travail numérique, code.travail.gouv.fr, consulté le 28/09/2026). Une assistante maternelle en CDD, en revanche, ne peut pas démissionner : ce mode de rupture est réservé au CDI.
Après une certaine ancienneté, fixée elle aussi par la convention collective, une indemnité de rupture peut être due par l’employeur en cas de fin de contrat à son initiative. Anticipez ce point dès la signature, surtout si la garde doit durer un temps limité, par exemple jusqu’à l’entrée à l’école : mieux vaut en parler avec l’assistante maternelle que de le découvrir au moment de la séparation.
Le CMG et les autres aides pour financer ce mode de garde
Employer une assistante maternelle agréée ouvre droit au complément de libre choix du mode de garde (CMG), versé par la CAF ou la MSA. Depuis le 1er septembre 2025, son calcul se fait à l’heure de garde effective, sur un principe comparable au tarif d’une crèche, selon vos ressources et le nombre d’enfants à charge. Il est calculé automatiquement par Pajemploi lors de votre déclaration, sans demande séparée (caf.fr, « Le CMG évolue », 2025 ; Urssaf, dossier de référence du 18/09/2026).
Pour les familles monoparentales, le CMG reste accessible plus longtemps : jusqu’aux 12 ans de l’enfant, contre 6 ans auparavant, dans les mêmes conditions de ressources. Cette évolution récente n’est pas toujours connue des parents qui s’arrêtent au chiffre affiché sur d’anciens articles en ligne. Avant de renoncer à une assistante maternelle pour des raisons de budget, faites le calcul avec les barèmes à jour plutôt qu’avec un souvenir de tarif ancien.
Questions fréquentes
Peut-on employer une assistante maternelle sans passer par Pajemploi ?
Non, la déclaration via Pajemploi (Urssaf) est obligatoire dès que vous employez une assistante maternelle agréée. C’est elle qui permet de calculer les cotisations sociales et, le cas échéant, le complément de mode de garde.
L’assistante maternelle peut-elle refuser de montrer son agrément ?
Non, l’agrément est délivré par le département et doit pouvoir être présenté sans difficulté aux parents employeurs. En cas de doute, le relais petite enfance ou le service de PMI de votre secteur peut confirmer sa validité.
Le salaire minimum légal est-il le même pour tous les enfants accueillis ?
Le plancher de 3,46 € brut de l’heure (au 1er juin 2026) s’applique par enfant : si l’assistante maternelle accueille deux enfants de la même famille, le calcul se fait pour chacun, selon ce que prévoit chaque contrat.
Que se passe-t-il si l’assistante maternelle est malade ?
Le contrat doit prévoir les modalités en cas d’absence pour maladie, en particulier si elle ne peut pas assurer l’accueil pendant une période prolongée. Ce point se négocie à la signature et figure parmi les mentions à ne pas laisser de côté.
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