QUAND — au moment où le contrat collectif d’entreprise s’arrête, à la retraite : un droit au maintien existe, sous condition de délai. DURÉE — 6 mois à partir de la rupture du contrat de travail pour faire la demande de maintien. COÛT — pas de chiffre officiel unique pour 2026 : des fourchettes de marché et un seul repère public, ancien, à ne pas confondre avec un tarif actuel.
Quand un contrat collectif d’entreprise s’arrête à la retraite, l’ancien salarié peut demander le maintien de ses garanties santé chez le même organisme, sans nouveau questionnaire médical et sans délai de carence : c’est la portabilité prévue par la loi Évin, et la demande doit partir dans les 6 mois suivant la rupture du contrat de travail, sous peine de perdre ce droit.

Fin de contrat collectif à la retraite : le droit à la portabilité
La mutuelle d’entreprise s’arrête avec le contrat de travail. Un mécanisme légal, connu sous le nom de loi Évin (loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989), permet à l’ancien salarié qui part à la retraite de demander le maintien des garanties de cette mutuelle, sans nouveau questionnaire médical et sans que l’assureur puisse le refuser sur ce motif.
Le délai à ne pas rater : 6 mois
La demande de maintien doit être adressée à l’organisme dans les 6 mois qui suivent la rupture du contrat de travail, par courrier recommandé avec accusé de réception. Passé ce délai, le droit au maintien est perdu.
Un autre moment de bascule existe : la fin de la portabilité pour un salarié qui quitte l’entreprise au chômage, avant la retraite. C’est un régime distinct de celui décrit ici, qui ne doit pas être confondu avec lui.
Ce que la portabilité change, et ce qu’elle ne garantit pas
Le maintien porte sur les garanties, pas sur le prix. Le tarif appliqué au retraité maintenu peut évoluer par rapport à celui payé comme salarié actif.
Ce que rembourse réellement l’Assurance maladie
Le dentaire pèse lourd dans ce calcul : nous avons détaillé à part ce que coûte un implant dentaire et ce qui reste à votre charge.
Avant de comparer des cotisations, un repère utile : ce que la Sécurité sociale rembourse déjà, poste par poste, avant toute intervention de la mutuelle.
Audition : aides auditives et 100 % Santé
Pour un adulte de 20 ans ou plus, la base de remboursement Sécu d’une aide auditive est de 400 € par oreille, remboursée à 60 % (ameli.fr, page « Aide auditive : tarifs et remboursement », mise à jour affichée le 20/02/2026, relevé le 31/08/2026).
Dans le cadre du 100 % Santé, classe I, le prix est plafonné à 950 € par oreille pour un adulte, et le reste à charge est intégralement couvert par la Sécu et la mutuelle. La garantie minimale est de 4 ans, avec un essai d’au moins 30 jours (même source, même date de relevé).
Hospitalisation : le forfait journalier
Le forfait hospitalier n’est jamais remboursé par l’Assurance maladie : il reste à la charge du patient, sauf si le contrat de mutuelle le prévoit. Depuis le 1er mars 2026, il s’élève à 23 € par jour en hôpital ou clinique, et à 17 € par jour en psychiatrie (ameli.fr, page « Le forfait hospitalier », mise à jour affichée le 02/03/2026, relevé le 31/08/2026).
Optique : lunettes et fréquence de renouvellement
Sur les verres et montures de classe A (panier 100 % Santé), le reste à charge est nul. Le remboursement se renouvelle tous les 2 ans pour un adulte, sauf évolution de la vue, et tous les ans pour un enfant de moins de 16 ans (données consolidées, relevé le 31/08/2026, à recouper directement sur ameli.fr).
Consultation et dentaire : deux chiffres non publiés ici
Le tarif de remboursement d’une consultation de médecin généraliste et la base de remboursement d’un implant dentaire circulent sur plusieurs sites, mais ces deux chiffres n’ont pas pu être confirmés directement sur ameli.fr avant la rédaction de cette page.
Table d’almanach : ce que rembourse la Sécu, poste par poste
| Poste de soin | Base de remboursement Sécu | Taux | Reste à charge avant mutuelle | 100 % Santé | Source · date |
|---|---|---|---|---|---|
| Aide auditive adulte, classe I | 400 €/oreille (base), prix plafonné 950 €/oreille en classe I | 60 % | 0 € en classe I | Oui, intégral | ameli.fr, mise à jour 20/02/2026 · relevé 31/08/2026 |
| Hospitalisation — forfait journalier | Non remboursé (poste distinct) | 0 % | 23 €/jour (17 €/j en psychiatrie) | Non concerné | ameli.fr, mise à jour 02/03/2026 · relevé 31/08/2026 |
| Lunettes (verres + monture classe A) | Panier 100 % Santé | Reste à charge zéro | 0 € | Oui, intégral | Relevé 31/08/2026, à recouper sur ameli.fr |
| Consultation généraliste | Non publié dans cette version | — | Non publié | — | Vérification ameli.fr en cours |
| Implant dentaire unitaire | Non publié dans cette version | — | Non publié | — | Vérification ameli.fr en cours |
Fourchettes observées sur le marché
Plusieurs comparateurs d’assurance situent la cotisation mensuelle moyenne d’une mutuelle senior entre 124 € et 133 € en 2026, avec trois paliers indicatifs : formule essentielle autour de 50 à 80 € par mois, formule intermédiaire de 80 à 150 €, formule premium de 150 à 250 €. Ce sont des chiffres de marché, pas une autorité officielle : à lire comme des ordres de grandeur, jamais comme un tarif garanti (relevé le 31/08/2026).
La seule source publique de référence
L’enquête de la DREES sur les contrats de complémentaire santé les plus souscrits publie une prime moyenne par âge repère. Le chiffre trouvé cette session porte sur la période 2019-2021 : une prime moyenne d’environ 130 € par mois pour un assuré individuel de référence après 40 ans, jusqu’à environ 146 € par mois à 85 ans, soit une hausse de 12 %. Ce chiffre est ancien : il ne doit pas être lu comme un tarif 2026, faute d’avoir pu ouvrir l’édition la plus récente du rapport (relevé le 31/08/2026).
Ce qui change selon votre situation
- Un ancien salarié qui part à la retraite dans les 6 mois précédents ou suivants la fin de son contrat collectif est concerné par la portabilité loi Évin ; un salarié qui quitte son emploi au chômage avant l’âge de la retraite relève d’un régime différent.
- Un assuré qui souscrit une nouvelle mutuelle en dehors de toute portabilité peut être soumis à un délai de carence : ce délai n’a pas pu être établi pour cette page (voir ci-dessous).
- Un foyer qui prépare son budget de retraite peut vouloir arbitrer entre plusieurs postes : par exemple le taux du Livret A actuellement en vigueur pour l’épargne de précaution, ou un rachat de crédit pour alléger son budget mensuel si plusieurs échéances pèsent en même temps que la cotisation mutuelle.
- Un foyer qui anticipe une succession peut vouloir regarder en parallèle ce que coûtent des frais de notaire en cas de succession.
- Pour le détail poste par poste du remboursement des lunettes, voir le détail du remboursement des lunettes par la mutuelle.
Ce que la loi encadre, ce qu’elle ne fait pas
La loi Évin encadre le droit au maintien des garanties et l’absence de nouveau questionnaire médical. Aucune règle de droit n’est donnée ici sans cette réserve : une portabilité n’est ni gratuite, ni figée dans son tarif.
Questions fréquentes
Faut-il attendre la retraite pour changer de mutuelle ? Non : la portabilité loi Évin concerne le moment où le contrat collectif d’entreprise s’arrête à la retraite, mais elle n’oblige à rien. Elle ouvre un droit, à demander dans les 6 mois.
La portabilité loi Évin est-elle gratuite ? Non. Elle maintient les garanties, pas le prix : le tarif appliqué au retraité maintenu peut être différent de celui payé comme salarié actif.
Le forfait hospitalier est-il remboursé par la Sécurité sociale ? Non, jamais. Depuis le 1er mars 2026 il est de 23 € par jour (17 € en psychiatrie), à la charge du patient sauf prise en charge par la mutuelle (ameli.fr, relevé le 31/08/2026).
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