Garde & crèche
Cahier de transmission nounou : ce qu’il faut y noter
L'essentiel en 3 lignes
Ce qu'on note chaque jour dans le cahier de transmission, qui écrit quoi, et ce que dit vraiment la loi sur les médicaments pendant la garde depuis 2021.
Chaque soir, en récupérant votre enfant chez son assistante maternelle ou sa garde à domicile, la même question revient : a-t-il bien mangé, bien dormi, comment s’est passée sa journée ? Le cahier de transmission existe pour répondre à ça sans tout redemander sur le pas de la porte, dans le feu du départ. Ce carnet simple, rempli des deux côtés, accompagne l’enfant dès le premier jour de garde et devient vite un repère commun entre vous et la personne qui s’en occupe.
Cette page fait le point sur ce qu’il faut vraiment y noter, sur la répartition entre nounou et parents, sur son statut réel — obligatoire ou non — et sur le point le plus sensible : la prise de médicaments pendant la garde, encadrée depuis 2021 par un texte précis que peu de familles connaissent.
Ce qui revient chaque jour dans le cahier
Un cahier de transmission suit le rythme de la journée de l’enfant plutôt qu’un plan préétabli. On y retrouve les repas (heure, quantité, appétit), le sommeil (heure de coucher et de lever, durée des siestes), les couches et la propreté, et l’humeur générale avec les évènements marquants : une chute, une poussée de fièvre, des pleurs inhabituels. Pour un tout-petit qui ne parle pas encore, c’est souvent la seule trace écrite de sa journée.
Son intérêt dépasse le simple compte-rendu du jour. En le relisant sur plusieurs jours, un parent ou l’assistante maternelle peut repérer un sommeil qui se dérègle, un appétit qui baisse, une fatigue qui s’installe — des signaux à mentionner ensuite au médecin ou à la sage-femme de PMI si besoin, plutôt qu’un motif d’inquiétude isolé. Le cahier ne remplace jamais un avis médical ; il aide simplement à décrire ce qui se répète.
Ce que la nounou note généralement
Repas, sommeil, couches et incidents de la journée reviennent chaque soir, remplis au fil de la garde, pour que les parents retrouvent en quelques lignes ce qui s’est passé en leur absence.
Ce que les parents notent pour la nounou
Les consignes du jour — allergie connue, sortie prévue, rendez-vous médical du soir — et les contacts d’urgence circulent dans l’autre sens : c’est ce dont l’assistante maternelle a besoin avant de commencer sa journée avec l’enfant.
Qui écrit quoi, et à quel moment
Dans la pratique, le cahier circule dans les deux sens sans qu’un texte n’en fixe le rythme. L’assistante maternelle le remplit en fin de journée, souvent pendant la sieste ou juste avant l’arrivée des parents, pendant que les détails sont encore frais. C’est le moment où elle consigne ce qui s’est réellement passé, pas seulement ce dont elle se souviendra le soir.
Les parents, eux, le complètent plutôt le matin, avant de partir : une allergie apparue la veille, une sortie prévue par l’école, un rendez-vous chez le pédiatre en fin de journée. Cette répartition n’a rien d’obligatoire, mais elle évite l’oubli d’une information importante au moment précis où l’enfant change de main. Beaucoup de familles conviennent, dès l’embauche, d’un moment fixe pour le consulter ensemble — les deux ou trois minutes de la transmission orale du soir restant, dans tous les cas, irremplaçables pour les points sensibles.


Le cahier est-il obligatoire ? Ce que dit vraiment la convention collective
Aucun texte n’impose la tenue d’un cahier de transmission quotidien. Le ministère du Travail et des Solidarités rappelle seulement que l’assistante maternelle doit informer les parents du déroulement de la journée de l’enfant, par des « transmissions écrites ou orales » : le principe d’informer est posé, pas le support ni la fréquence exacte. Un carnet, une application ou un simple échange oral répondent donc tous les trois à cette exigence de fond.
Une confusion fréquente mérite d’être corrigée : la convention collective nationale des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile (IDCC 3239), qui régit le contrat de l’assistante maternelle, impose bien un document écrit — mais ce n’est pas le cahier quotidien. Son article 90.4 oblige le particulier employeur à remettre à l’assistante maternelle une liste d’informations et de consignes annexée au contrat de travail : certificats de vaccination et coordonnées du médecin, autorisation parentale d’intervention médicale ou chirurgicale d’urgence, régime alimentaire, autorisation d’aide à la prise de médicaments avec ordonnance à jour, et liste des personnes autorisées à récupérer l’enfant. Cette annexe est obligatoire ; le cahier de transmission du quotidien, lui, reste un usage.
Médicaments pendant la garde : la procédure qui s’applique depuis 2021
C’est le point le plus délicat d’un cahier de transmission, et celui où une approximation coûte cher. Depuis le décret n° 2021-1131 du 30 août 2021, le cadre est clair et s’applique explicitement à l’assistant maternel agréé accueillant l’enfant, pas seulement aux crèches : il doit disposer de l’ordonnance médicale prescrivant les soins (ou d’une copie), et les titulaires de l’autorité parentale doivent l’avoir autorisé par écrit et lui avoir expliqué le geste à réaliser. Sans ces deux conditions réunies, l’autorisation orale des parents ne suffit pas à couvrir la prise d’un médicament.
Le même texte impose une traçabilité immédiate : chaque prise fait l’objet d’une inscription dans un registre dédié — nom de l’enfant, date et heure de l’acte, nom de la personne qui l’a réalisé et, le cas échéant, nom du médicament et posologie. Ce registre est distinct du cahier de transmission habituel, même si de nombreuses familles choisissent d’y consigner l’information au même endroit par praticité. Cette page ne donne et ne recommande aucun dosage : seul un médecin, une sage-femme ou un pharmacien peut se prononcer sur ce qu’un enfant doit prendre.
Cahier papier, carnet préformé ou application : ce qui compte vraiment
Certaines familles gardent un simple cahier acheté en papeterie, d’autres optent pour un carnet préformé avec des rubriques déjà imprimées, d’autres encore utilisent une application partagée sur smartphone. Aucune donnée officielle ne mesure la répartition entre ces usages, et cette page ne recommande aucun produit ni aucune application en particulier : le choix dépend de ce qui convient à l’assistante maternelle et à la famille, pas d’une règle générale.
Ce qui fait la différence, dans tous les cas, c’est la régularité et l’accessibilité : un cahier ou une application qui reste ouvert à la bonne page, consulté chaque soir et complété chaque matin, rend service même sous une forme minimale. Un outil sophistiqué mais rempli une fois sur deux est moins utile qu’un carnet simple tenu avec constance.
Cadrer les transmissions dès le contrat, pour éviter les malentendus
Le bon moment pour se mettre d’accord sur le cahier de transmission, c’est l’embauche elle-même, au moment où vous discutez aussi des autres points du contrat. Beaucoup de tensions entre parents et assistante maternelle naissent moins du contenu du cahier que d’attentes jamais formulées : fréquence attendue, niveau de détail, ton employé en cas d’incident. En parler avant le premier jour de garde évite bien des malentendus les semaines suivantes.
C’est aussi le moment de préparer, avec l’assistante maternelle, l’annexe santé imposée par la convention collective — vaccinations, médecin traitant, autorisation d’urgence, consignes médicaments — pour qu’elle soit prête dès le premier jour plutôt que rédigée dans l’urgence. Cette étape s’inscrit dans l’ensemble des démarches liées à l’emploi d’une garde d’enfant, au même titre que le calcul du coût réel d’une nounou et des aides qui viennent l’alléger.
Questions fréquentes
Le cahier de transmission est-il obligatoire pour une assistante maternelle ?
Non, aucun texte n’impose ce support précis. L’obligation porte sur le principe d’informer les parents du déroulement de la journée, par écrit ou à l’oral ; le cahier n’est qu’un moyen courant d’y répondre.
Qui doit remplir le cahier, la nounou ou les parents ?
Les deux, chacun de son côté : l’assistante maternelle y note le déroulé de la journée, les parents y indiquent les consignes et informations utiles pour le lendemain. La répartition exacte se convient entre vous, rien ne l’impose.
Une assistante maternelle peut-elle refuser de donner un médicament ?
Oui, tant que les conditions légales ne sont pas réunies : ordonnance médicale et autorisation écrite des parents. Sans ces deux éléments, elle n’a pas à administrer le médicament, y compris sur simple demande orale.
Le cahier de transmission peut-il être remplacé par une application ?
Oui, rien n’impose le papier. Ce qui compte est que l’outil choisi soit effectivement consulté et rempli par les deux parties, pas sa forme.
Que doit contenir l’annexe santé prévue par la convention collective ?
Elle doit lister les certificats de vaccination, les coordonnées du médecin traitant, l’autorisation parentale d’intervention médicale d’urgence, le régime alimentaire et l’autorisation d’aide à la prise de médicaments avec ordonnance à jour, ainsi que les personnes autorisées à récupérer l’enfant.
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