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Argent & aides

Congé maternité : durée et indemnités journalières

Congé maternité : durée et indemnités journalières

L'essentiel en 3 lignes

16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, jusqu'à 46 pour des triplés : durée exacte selon votre situation, report possible du congé prénatal, démarches et montant des indemnités journalières.

Vous venez d’apprendre votre grossesse, ou elle est déjà bien avancée, et une question revient sans cesse : combien de temps allez-vous vraiment vous arrêter, et combien allez-vous toucher pendant ce congé ? Entre le calcul des semaines avant et après l’accouchement, les règles qui changent selon le nombre d’enfants et le montant réel des indemnités, il est facile de se perdre.

Cette page détaille la durée du congé maternité selon votre situation, ce qui se passe en cas de grossesse pathologique ou de naissance multiple, les démarches à faire auprès de votre employeur et de votre caisse d’assurance maladie, et le montant des indemnités journalières que vous percevrez pendant votre arrêt.

Combien de temps dure le congé maternité

Pour un 1er ou un 2e enfant, le congé maternité dure 16 semaines : 6 semaines avant la date prévue de l’accouchement (congé prénatal) et 10 semaines après (congé postnatal). À partir du 3e enfant, la durée passe à 26 semaines, réparties en 8 semaines avant et 18 semaines après. Ce qui compte pour ce calcul, c’est le nombre d’enfants que vous avez déjà à charge ou que vous avez déjà mis au monde, pas le nombre d’enfants de votre foyer par ailleurs.

Pour une naissance de jumeaux, le congé est porté à 34 semaines (12 avant, 22 après). Pour des triplés ou plus, il atteint 46 semaines (24 avant, 22 après). Ces durées sont fixées par le Code du travail et s’appliquent à toute salariée, quel que soit son contrat (CDI, CDD, intérim), sans condition d’ancienneté dans l’entreprise (Service-Public.gouv.fr, fiche F2265, vérifiée le 01/06/2026).

Naissance multiple ou grossesse difficile : ce qui allonge le congé

En cas de grossesse pathologique attestée par un certificat médical, le congé prénatal peut être prolongé de 2 semaines supplémentaires avant la date présumée de l’accouchement. Si des complications apparaissent après la naissance, le congé postnatal peut lui aussi être prolongé de 4 semaines. Ces prolongations s’ajoutent à la durée normale et sont indemnisées de la même façon que le reste du congé maternité.

À l’inverse, sur avis de votre médecin ou de votre sage-femme, vous pouvez demander à reporter jusqu’à 3 semaines de votre congé prénatal sur la période qui suit l’accouchement (Code du travail, article L1225-17). Concrètement, pour un 1er enfant, cela revient à ramener le congé avant la naissance à 3 semaines et à allonger d’autant le congé après la naissance. Si un arrêt de travail devient nécessaire avant la date reportée, ce report est annulé et le congé prénatal reprend sa durée initiale.

Durée du congé maternité selon votre situation1er ou 2e enfant16semaines3e enfant ou plus26semainesNaissance de jumeaux34semainesTriplés ou plus46semainesSource : Service-Public.gouv.fr — fiche F2265, vérifiée le 01/06/2026, consulté le 28/09/2026
Congé maternité : durée et indemnités journalières — illustration
Photo : Claudio_Scott / Pixabay

Un congé obligatoire, et une protection contre le licenciement

Le congé maternité n’est pas une option : il est strictement interdit d’y renoncer totalement. La loi impose un minimum incompressible de 8 semaines d’arrêt, dont 6 semaines après l’accouchement. Reprendre le travail avant la fin de cette période obligatoire n’est pas possible, même à la demande de la salariée elle-même : c’est l’employeur qui engagerait sa responsabilité en l’acceptant.

Pendant toute la durée du congé, le contrat de travail est suspendu et l’employeur ne peut pas licencier la salariée, sauf faute grave sans lien avec la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à celle-ci. Cette protection se prolonge encore 10 semaines après le retour de congé. À la reprise, vous devez retrouver votre emploi précédent, ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente.

Les démarches à faire, et dans quel ordre

La grossesse doit être déclarée à votre caisse d’assurance maladie et à votre CAF avant la fin du 3e mois (14e semaine), le plus souvent en ligne par le médecin ou la sage-femme qui suit la grossesse. C’est cette déclaration qui ouvre vos droits, notamment à la prime à la naissance versée plus tard.

Pour le congé lui-même, vous devez prévenir votre employeur en lui indiquant la date de début du congé et la date présumée de l’accouchement, idéalement par une lettre remise en main propre contre décharge ou envoyée en recommandé avec accusé de réception, accompagnée d’un certificat médical. Votre caisse d’assurance maladie a ensuite besoin d’une attestation de salaire remplie par l’employeur pour calculer et verser vos indemnités journalières ; cette transmission se fait le plus souvent directement via la déclaration sociale nominative de l’entreprise, sans démarche supplémentaire de votre part.

Ce que vous touchez : les indemnités journalières

Pendant le congé maternité, le salaire n’est pas versé par l’employeur : vous percevez des indemnités journalières de l’Assurance Maladie, calculées à partir du salaire brut des 3 derniers mois précédant le congé (ou des 12 derniers mois en cas d’activité saisonnière ou discontinue), dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale. De ce montant sont déduites les cotisations sociales (CSG et CRDS), avant application d’un plancher et d’un plafond journaliers.

Au 28/09/2026, ce montant est compris entre un plancher de 11,12 € par jour et un plafond de 104,02 € par jour, versés tous les 14 jours, sans délai de carence (Service-Public.gouv.fr, fiche F2265, vérifiée le 01/06/2026). Pour en bénéficier, il faut justifier d’une affiliation d’au moins 6 mois à l’Assurance Maladie et avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils qui précèdent l’arrêt. Selon la convention collective de l’entreprise, un complément employeur peut venir s’ajouter aux indemnités journalières pour approcher un maintien de salaire ; ce point se vérifie auprès du service RH, il ne relève d’aucune règle nationale unique.

Indemnité journalière du congé maternitéPlancher journalier11,12 €Plafond journalier104,02 €Calculée sur le salaire brut des 3 derniers mois, plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale, hors cotisations CSG/CRDSSource : Service-Public.gouv.fr — fiche F2265, vérifiée le 01/06/2026, consulté le 28/09/2026

Ce que ce congé ne couvre pas

Le congé maternité est distinct du congé parental d’éducation, qui peut prendre le relais ensuite mais qui n’est pas rémunéré par l’employeur et n’ouvre droit, sous conditions, qu’à la PreParE versée par la CAF, à un montant bien inférieur aux indemnités journalières du congé maternité. De même, il ne se confond pas avec le congé paternité et d’accueil de l’enfant, ouvert à l’autre parent, qui a ses propres règles de durée et de fractionnement.

Le congé maternité n’a pas non plus d’incidence directe sur le montant des allocations familiales, qui dépendent du nombre d’enfants à charge de votre foyer et non de la prise d’un congé. À la sortie de la maternité, la durée du séjour varie selon le mode d’accouchement et l’état de santé de la mère et du bébé, ce qui peut avancer ou reculer le début effectif du congé postnatal à domicile.

Anticiper le budget de votre congé

Les indemnités journalières ne remplacent pas toujours l’intégralité du salaire, surtout au-delà du plafond de la Sécurité sociale : un cadre au salaire élevé perçoit le même plafond journalier qu’un autre salarié mieux rémunéré, sauf complément prévu par la convention collective. Il est donc utile d’anticiper cet écart avant le début du congé, en vérifiant sa convention collective et en simulant ses indemnités.

D’autres aides peuvent s’ajouter à ce moment de la vie familiale, notamment autour de la naissance et du mode de garde qui suivra la reprise du travail. Elles obéissent chacune à leurs propres conditions de ressources et de calendrier, distinctes de celles du congé maternité lui-même.

Questions fréquentes

Peut-on prendre un congé maternité plus court que 8 semaines ?

Non. La loi impose un minimum absolu de 8 semaines d’arrêt, dont 6 après l’accouchement. Il est interdit à une salariée d’y renoncer totalement, et l’employeur ne peut pas accepter une reprise anticipée pendant cette période.

Le congé maternité est-il calculé sur le nombre d’enfants du foyer ou sur celui de la naissance en cours ?

Sur le rang de l’enfant à naître dans votre parcours (déjà eu 1, 2 enfants ou plus), et sur le nombre d’enfants nés lors de cette grossesse (naissance simple, jumeaux, triplés ou plus). Les deux critères peuvent se combiner selon votre situation.

Que se passe-t-il si l’accouchement a lieu avant la date prévue ?

Le congé prénatal restant, non pris, est reporté après l’accouchement et s’ajoute à la durée du congé postnatal, sans réduire la durée totale à laquelle vous avez droit.

Les indépendantes ont-elles droit aux mêmes indemnités ?

Les travailleuses indépendantes et les conjointes collaboratrices bénéficient de prestations maternité spécifiques, calculées différemment de celles des salariées. Les règles de ce dispositif ne sont pas détaillées ici et se vérifient auprès de votre caisse d’assurance maladie.

Le congé maternité ouvre-t-il droit au congé supplémentaire de naissance ?

Non, ce sont deux dispositifs distincts. Le congé supplémentaire de naissance, ouvert depuis le 1er juillet 2026, concerne chaque parent séparément et se prend en plus du congé maternité ou du congé paternité, avec ses propres règles de durée et d’indemnisation.

Sources et mise à jour

Publié le
28 septembre 2026
Mis à jour le
28 septembre 2026
Lecture
9 min de lecture

Cette page s'appuie sur la fiche pratique de Service-Public.gouv.fr consacrée au congé de maternité, sur les pages de l'Assurance Maladie relatives aux indemnités journalières de maternité et de paternité, ainsi que sur les articles du Code du travail relatifs au congé de maternité et à son report. Sources consultées le 28/09/2026. Les montants d'indemnités journalières évoluent avec le plafond de la Sécurité sociale : vérifiez votre montant exact auprès de l'Assurance Maladie au moment de votre congé.

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