Aller au contenu

Post-partum

Rééducation du périnée après l’accouchement : quand et comment

Rééducation du périnée après l’accouchement : quand et comment

L'essentiel en 3 lignes

La rééducation périnéale se prescrit lors de la consultation postnatale, entre la 6e et la 8e semaine, jamais avant. Séances avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, méthodes utilisées, et ce que rembourse l'Assurance Maladie.

Quelques semaines après la naissance, une fuite au moment d’éternuer, de rire ou de porter bébé surprend beaucoup de jeunes mamans. C’est fréquent, ce n’est pas une fatalité, et il existe un parcours précis pour y remédier : la rééducation périnéale.

Cette page explique à quel moment la commencer, qui la prescrit, comment se déroule une séance, avec quelles méthodes, et ce que rembourse l’Assurance Maladie. Elle distingue aussi ce suivi de la consultation postnatale et de l’entretien postnatal précoce, souvent confondus.

Pourquoi le périnée a besoin d’un temps de récupération

Le périnée est l’ensemble de muscles qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum, entre le pubis et le coccyx. Pendant la grossesse, il porte un poids croissant pendant neuf mois ; pendant l’accouchement, il est fortement étiré, parfois déchiré ou incisé (épisiotomie). Une césarienne n’évite pas totalement ce relâchement : le poids porté pendant la grossesse suffit à distendre ces muscles, même sans passage par les voies naturelles.

Ce relâchement explique les fuites urinaires à l’effort, une sensation de pesanteur, ou des gaz difficiles à retenir dans les semaines qui suivent. Ces désagréments sont fréquents et se travaillent : ils ne relèvent pas d’un échec personnel, mais d’un muscle qui a besoin d’être renforcé, comme n’importe quel autre muscle après un effort intense et prolongé.

Quand commencer : la consultation postnatale d’abord

La rééducation périnéale ne se lance pas seule ni trop tôt. Une consultation postnatale, obligatoire, doit avoir lieu dans les 6 à 8 semaines qui suivent l’accouchement, avec une sage-femme, un gynécologue ou un médecin généraliste. Cette consultation évalue les suites de la naissance, permet d’aborder la contraception, et c’est à ce moment que la rééducation périnéale est prescrite si elle est utile — pour toutes les femmes, qu’elles aient accouché par voie basse ou par césarienne.

Ne confondez pas cette consultation postnatale avec l’entretien postnatal précoce, lui aussi obligatoire mais centré sur votre vécu de la naissance, votre moral et votre adaptation avec bébé, pas sur l’examen physique du périnée. Les deux rendez-vous se complètent, ils ne se remplacent pas l’un l’autre.

De l'accouchement au début de la rééducationCicatrisation et reposPas de rééducation avant la consultation postnatale, même en cas de fuites légèresConsultation postnatale obligatoireExamen par la sage-femme, le médecin ou le gynécologue, qui évalue le périnée et prescrit si besoinDébut des séancesAvec une sage-femme ou un kinésithérapeute, en général à raison d’une séance par semaineLes séances prescritesRemboursées à 100 % par l’Assurance Maladie au titre de l’assurance maternitéSource : Service-Public.gouv.fr — fiche F963 ; CNGOF, recommandations pour la pratique clinique du post-partum, consulté le 28/09/2026
Rééducation du périnée après l'accouchement : quand et comment — illustration
Photo : StockSnap / Pixabay

Sage-femme ou kinésithérapeute : comment se passe une séance

Les deux professionnels sont habilités à réaliser la rééducation périnéale, et le choix dépend surtout de vos disponibilités et de vos préférences. La sage-femme a l’avantage de connaître déjà votre suivi de grossesse et d’accouchement ; le kinésithérapeute, notamment s’il exerce en maison de santé pluriprofessionnelle, peut parfois être consulté en accès direct, sans prescription médicale préalable.

Une première séance commence par un bilan : interrogatoire sur les symptômes (fuites, pesanteur, douleurs), puis un toucher vaginal qui évalue la force et la qualité de la contraction des muscles du périnée. Ce bilan oriente la méthode choisie et le rythme des séances suivantes, généralement hebdomadaires, d’une vingtaine de minutes chacune.

Les méthodes de rééducation utilisées

La méthode la plus courante est la rééducation manuelle : le praticien guide, par le toucher, la prise de conscience puis la contraction volontaire des muscles du périnée, souvent associée à des exercices à refaire seule chez vous entre les séances. C’est la technique de référence, celle qui demande le plus votre implication active.

Deux autres méthodes peuvent compléter ou remplacer la première : le biofeedback, qui utilise une sonde reliée à un écran pour visualiser en temps réel l’intensité de votre contraction et progresser plus facilement, et l’électrostimulation, qui déclenche la contraction des muscles à l’aide de petites impulsions électriques via une sonde, utile quand la contraction volontaire est encore difficile à sentir. Le choix entre ces techniques revient au professionnel qui vous suit, selon votre bilan.

Combien de séances, et ce que rembourse l’Assurance Maladie

Une fois prescrites lors de la consultation postnatale, les séances de rééducation périnéale sont prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sur la base des tarifs conventionnels, au titre de l’assurance maternité. Le nombre de séances est généralement de 10, mais le professionnel peut, selon votre situation, en justifier davantage sur l’ordonnance : c’est alors l’Assurance Maladie qui statue sur une prise en charge complémentaire (Assurance Maladie, ameli.fr, information consultée le 28/09/2026).

Cette prise en charge à 100 % au titre de la maternité reste possible pendant les 3 ans qui suivent l’accouchement. Passé ce délai, une rééducation périnéale reste possible mais relève des conditions de remboursement habituelles, comme n’importe quel autre acte de kinésithérapie ou de sage-femme. Le reste éventuel à charge (dépassements, séances au-delà de la prescription initiale) dépend ensuite de votre complémentaire santé et de ce qu’elle prévoit pour la maternité.

Reprendre le sport et la vie quotidienne sans forcer

Le périnée conditionne la reprise de nombreuses activités du quotidien : porter le siège auto, monter des escaliers avec la poussette, éternuer sans y penser. Tant que la rééducation n’est pas terminée, mieux vaut éviter les efforts qui augmentent brutalement la pression sur le ventre : le port de charges lourdes, les sauts, les abdominaux classiques en flexion du buste.

La reprise d’une activité sportive plus soutenue se prépare avec votre sage-femme ou votre kinésithérapeute, qui évalue si votre périnée est prêt à encaisser l’impact de la course à pied ou d’un sport porté. Notre page dédiée détaille le calendrier de reprise du sport après une grossesse, activité par activité.

Les signes qui justifient d'en parler à votre sage-femme ou votre médecin
Source : Assurance Maladie (ameli.fr) ; CNGOF, recommandations post-partum, consulté le 28/09/2026

Aucun de ces signes n’est à minimiser ni à garder pour vous par gêne : ils se traitent, et plus tôt ils sont évoqués en consultation postnatale, plus tôt la rééducation adaptée peut commencer. Ce n’est jamais le médecin ou la sage-femme qui vous fera vous sentir jugée sur ce sujet, c’est un motif de consultation courant.

Questions fréquentes

Faut-il faire de la rééducation périnéale même après une césarienne ?

Oui. Le poids porté pendant les neuf mois de grossesse suffit à solliciter le périnée, même sans accouchement par voie basse. La consultation postnatale évalue la nécessité d’une rééducation quel que soit le mode d’accouchement.

Peut-on faire des exercices de périnée seule, avant la consultation postnatale ?

Les recommandations déconseillent une rééducation active avant la fin du deuxième mois. En attendant, la respiration et le repos suffisent ; parlez de vos symptômes à votre sage-femme dès la consultation postnatale, sans anticiper seule.

Combien de temps dure une séance de rééducation périnéale ?

Une séance dure généralement une vingtaine de minutes, à raison d’une séance par semaine. Le rythme exact est ajusté par le professionnel selon votre bilan initial et votre progression.

Que faire si les séances prescrites ne suffisent pas ?

Le professionnel qui vous suit peut justifier un besoin de séances supplémentaires sur l’ordonnance. C’est alors l’Assurance Maladie qui étudie une prise en charge complémentaire, au cas par cas.

Sage-femme ou kinésithérapeute : comment choisir ?

Les deux sont compétents pour cette rééducation. La sage-femme connaît déjà votre suivi de grossesse ; certains kinésithérapeutes, en maison de santé, peuvent être consultés en accès direct. Le choix dépend surtout de vos disponibilités et de qui vous met le plus à l’aise.

Sources et mise à jour

Publié le
28 septembre 2026
Mis à jour le
28 septembre 2026
Lecture
7 min de lecture

Cette page s'appuie sur la fiche pratique de Service-Public.gouv.fr relative au suivi postnatal (fiche F963), sur les informations de l'Assurance Maladie (ameli.fr) concernant la prise en charge de la rééducation périnéale, et sur les recommandations pour la pratique clinique du post-partum du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Sources consultées le 28/09/2026. Les modalités de remboursement peuvent varier selon votre situation individuelle : votre sage-femme, votre médecin ou l'Assurance Maladie restent les bons interlocuteurs pour confirmer votre prise en charge.

Comparer les mutuelles famille

Dites-nous où vous en êtes : nous revenons vers vous par e-mail avec des repères pour comparer les contrats.

Pour aller plus loin — Post-partum

Toute la rubrique